ITINERAIRES

Robert DELEUSE naît au Cannet (Alpes Maritimes) le lundi 17 juillet 1950, de Marguerite Deleuse (secrétaire puis clerc aux formalités dans une Etude notariale de Cannes) et de Pierre Joseph Deleuse (employé d’hôtel).

Il passe l’essentiel de ses vingt premières années à Grasse où sa famille maternelle s’était installée depuis 1927, en provenance du Piémont…

Elève au Collège National de garçons puis à l’Institut Fénelon, il poursuit ses études secondaires aux Cours Cannois et ses études supérieures à l’UER des Lettres et Sciences humaines de Nice où il obtient, sous l’autorité de Jean Poirier, une licence d’ethnosociologie et participe à la création et à la programmation de la Semaine du cinéma en sciences humaines (fondée par Claude De Vos)…

Parallèlement, il milite à l’AJS-OCI (organisation d’obédience trotskiste) et à l’UNEF-ID, avant d’adhérer au MJS (Mouvement des jeunesses socialistes, version Congrès d’Epinay, tendance CERES) dont il devient l’un des responsables locaux mais dont il démissionne en 1974. A cette époque, il est également membre de la Ligue des Droits de l’Homme et de la Société des Océanistes.
Il fait publier à compte d’auteur deux recueils de poèmes dont il dira plus tard « qu’à cinq ou six exceptions près, ils étaient formellement sans intérêt et fondamentalement inutiles ». Il rédige également un essai politique sur l’armée française (intitulé L'armée de guerre civile) dans lequel il démontrait, entre autres, que depuis ce qu’il avait été convenu d’appeler les « événements de 68 », celle-ci avait été en partie réorganisée dans le but de circonscrire d’éventuelles menées subversives de l’hypothétique « ennemi de l’intérieur » plutôt que dans le sens d’une défense du territoire. Accepté par deux directeurs littéraires successifs, cet essai très documenté mais polémique et gênant sera repoussé par les instances supérieures des deux maisons d’édition auxquelles il l’avait présenté…

Sursitaire, il est appelé sous les drapeaux (en Allemagne, alors fédérale) où, à la faveur d’une permission (janvier 1976) et en conformité avec ses engagements, il fausse compagnie à son régiment (le 33ème de Génie) et entre en clandestinité. Son père décède le 23 octobre de la même année…

S’ensuivent six années partagées entre le souterrain et l’exil, la France (Marseille, Nîmes, Uzès, Lyon, Paris) et l’Europe (Gênes, Milan, Zürich, Turin, Aveiro, Lisbonne, Edinburgh) au cours desquelles il survit de nombreux métiers au noir : veilleur de nuit, documentaliste, manœuvre, précepteur…

Amnistié après l’élection présidentielle de 1981, il se fixe à Paris à la remorque d’emplois intérimaires avant d’être engagé, en 1984, par la toute nouvelle Maison des écrivains, sous tutelle du ministère de la Culture, au poste de secrétaire administratif…


 1987 : Simultanément à ses fonctions, il conçoit et programme pour cette même Maison des écrivains (sous la direction d’Hugues de Kerret) le Trans Polar Express, une semaine d’événements multimédias disséminés dans la capitale, autour du roman policier hexagonal (en partenariat avec la FNAC, Gaumont Alésia, Le Monde, Télérama).
Par ailleurs, il réalise un entretien avec l’écrivain François Coupry intitulé Le Singe qui fait le singe, pour la revue ROMAN n° 20.
Il quitte Paris pour Fontenay-sous-Bois.

 1988 : Le magazine LIRE de Bernard Pivot le charge d’agencer le rayon « roman policier » de sa Bibliothèque idéale, publiée aux éditions Albin Michel.
La revue littéraire ROMAN lui confie son numéro 24 consacré au roman policier, où figure la première étude sur le roman noir européen, intitulée Descente dans l’Europolar et un entretien avec l'écrivain Thomas Narcejac...
Trois ans auparavant, il avait rédigé pour cette même revue (n° 10) un dossier consacré à Giorgio Scerbanenco (successivement reproduit dans la revue HARD BOILED DICKS dirigée par Roger Martin, puis aux éditions 10/18, en postface à un roman de cet auteur).


 1989 : Il retraduit puis coadapte La Vie que je t’ai donnée de Luigi Pirandello (Actes-Sud/Papiers), pièce créée au théâtre Hébertot, dans une mise en scène de Michel Dumoulin, avec : Maria Casarès, Catherine Rétoré, Monique Chaumette, Jean Pommier, Suzel Goffre…


 1990 : Dans le cadre de La Fureur de lire, il conçoit et anime la première table ronde publique du Ministère de l’Intérieur, autour du thème : « La police, source d’inspiration littéraire ? ».
Il donne sa démission de la Maison des écrivains pour se consacrer à l’écriture.


 1991 : Il est le Conseiller artistique et l’un des deux concepteurs (avec Didier Daeninckx) de La Ville est un roman, événement à caractère international, sur le cent-cinquantenaire du roman policier, produit par le Conseil Général de Seine-Saint-Denis (avec pour partenaires : le Ministère de la Culture-DRAC Ile de France, le Ministère des Affaires étrangères, la FNAC, les éditions Gallimard, la Columbia TRI-STAR FILMS) et lors duquel sera inaugurée la première voie publique portant le nom de Dashiell Hammett, père du roman noir, victime du maccarthisme.
La revue NOUVELLES, NOUVELLES (dirigée par Daniel Zimmermann et Claude Pujade-Renaud) lui confie son n° 22 sur le roman policier.
Il publie son premier roman Retour de femme (Ed. Denoël) et Les Maîtres du roman policier (Ed. Bordas), première encyclopédie mondiale sur cette typique romanesque, traduite au Japon.
Participe à l’ouvrage collectif de nouvelles, Une saison en enfer (Ed. Messidor), sous la direction de Roger Martin.


 1992 : Il publie son deuxième roman, Anatomie d'un suicide (Ed. Denoël, dans lequel apparait le néologisme « journal extime » abusivement attribué, dix ans plus tard, à Michel Tournier) et un essai, A la Poursuite de James Hadley Chase (Ed. Presses de la Renaissance), salué par une critique unanime. Jean-François Josselin lui consacrera l’entière page de sa chronique dans Le Nouvel Observateur.
Il publie également un roman pour la jeunesse, Un pavé dans la mare (Ed. Syros, réédité en 1998) et reprend pour LA REVUE NOUVELLE, en Belgique, son étude sur le roman noir européen (parue en 1988).
Dans le cadre de FUTUROLIRE (fête du livre en Nord-Isère), il conçoit pour la ville de Bourgoin-Jallieu une enquête grandeur nature dont les investigateurs sont les habitants eux-mêmes.
Il est également conseiller littéraire du Polar en Seine, opération conçue et orchestrée par la Vidéothèque de Paris.


 1994 : Il publie une biographie, Cartouche, prince des voleurs (Ed. Dagorno) et son troisième roman, Vues sur guet-apens (Ed. Denoël).
Le Ministère des Affaires étrangères lui confie la rédaction d’un Livret sur les romans policiers et noirs français destiné aux bibliothèques d’ambassades, repris sur le site internet du Ministère.
Il quitte Fontenay-sous-Bois et s’installe à La Rochelle.


 1995 : A l’occasion du tricentenaire de la mort de Jean de La Fontaine, il est invité par la ville de Villers-Cotterêts (en Picardie) à diriger un atelier d’écriture en milieu scolaire sur le thème de l’adaptation de fables en nouvelles noires.
Il rédige, pour le mensuel ECRIVAINS, un long article sur le romancier piémontais Beppe Fenoglio.
Son nom est évoqué dans l’ouvrage à quatre mains de Daniel Zimmermann et Claude Pujade-Renaud, Les écritures mêlées (Ed. Julliard).


 1996 : Il publie un roman, Monsieur Personne (Ed. Métailié). Il est interviewé par le quotidien économique LES ECHOS sur la situation du roman noir et rédige pour la revue ATOUT LIRE une étude sur le roman et le cinéma : Mésalliances ou lunes de miel.


 1997 : Il publie trois romans : Curriculum Vital (Ed. Denoël), Une maison derrière la dune (Ed. Seuil) et La Bête au bois dormant (Ed. Baleine/Série Le Poulpe).
Il réalise un entretien avec l'écrivain Didier Daeninckx intitulé Correspondances (Ed. Paroles d’Aube).
La revue LES TEMPS MODERNES (n° 595, dirigé par Jean Pons) fait appel à lui pour écrire une étude historique sur le roman noir français et la revue ATOUT LIRE pour une Invitation au roman italien (de Svevo à Pontiggia).
Il signe deux scénarios radiophoniques L’Inconnu du port de plaisance et Des mains pleines de doigts pour l’émission Nuits Noires de France-Inter et rédige pour la revue ATOUT LIRE une étude sur Le roman noir hors la ville.


Sa tétralogie noire intitulée Chroniques d'une ville exemplaire, composée de quatre romans (Retour de femme, Anatomie d'un suicide, Vues sur guet-apens, Curriculum Vital) et publiée aux éditions Denoël entre 1991 et 1997, est d'une grande originalité dans sa conception. Il s'est en effet agi pour l'auteur d'édifier une suite romanesque en quatre tableaux et à trois étages. Tout d'abord, faire d'une ville moyenne créée de toutes pièces le symbole d'un pays moyen à un instant déterminé de son Histoire et de ses actualités. Ensuite, conjuguer plusieurs écoles du roman dit policier dans une forme plus ou moins subvertie: ainsi le roman noir classique (avec Retour de femme), le roman de procédure (avec Anatomie d'un suicide), le suspens croisé (avec Vues sur guet-apens), le thriller renversé (avec Curriculum Vital). Enfin, créer une architectonie personnalisée pour chacun d'eux (respectivement linéaire, segmentée, répartie, enchâssée) avec, à l'intérieur même de cette construction, des passerelles tendues vers des romans de l'Autre littérature...


  1998 : Retour à Cannes.


 1999 : Il publie deux romans : Un petit regain d'enfer (Ed. Seuil) et L'Epervier de Belsunce (Ed. Seuil).Il signe un troisième scénario radiophonique, Confession au procureur de la République, pour l’émission Nuits Noires de France-Inter.
Dans le cadre de Lire en fête, il conçoit pour la ville de Grasse une semaine d’animations intitulée Un parfum de roman noir.
Il participe à l’ouvrage collectif de nouvelles, Requiem pour un Muckraker (Ed. Baleine) en hommage à Marvin Albert, sous la direction de Roger Martin.


 2000 : Il publie le roman, La Mante des Grands-Carmes (Ed. Seuil) et participe à l’ouvrage collectif de nouvelles, Les sept familles du polar (publiées par le quotidien Libération puis aux Ed. Baleine) sous la direction de Jean-Bernard Pouy.


Les deux romans (L'Epervier de Belsunce et La Mante des Grands-Carmes), publiés aux éditions du Seuil en 1999 et 2000, constituent un diptique marseillais, globalement intitulé Mémoires d'une métropole, dans lequel se croisent de nouveau l'Histoire et l'actualité. Ici encore, l'auteur s'affranchit des codes du roman noir proprement dit dès les coupures de presse placées en exergue et qui donnent d'emblée au lecteur une voire plusieurs clefs de l'enquête à venir. Par ailleurs aussi, les personnages centraux portent des patronymes qui font directement référence à des protagonistes de la littérature populaire du XIXème siècle, soit sous leur forme originale, soit sous une forme apocope ou anagrammique. Quant à la métropole phocéenne, elle y est mise en relation avec d'autres villes européennnes telles que Lisbonne et Edinburgh...


  2001 : Il est nommé sociétaire-adjoint de la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques).


 2002 : Participe au numéro spécial de la revue AUTREMENT autour du service militaire, sous la direction de Marc Bessin.


 2003 : Il participe au numéro spécial de LA QUINZAINE LITTERAIRE sur le roman policier et rédige pour le Dictionnaire des littératures policières, sous la direction de Claude Mesplède, les articles sur Boileau-Narcejac, Alexandre Dumas, Paul Féval, Graham Greene, Patricia Highsmith, Sébastien Japrisot, Eugène Sue, Robert Hans Van Gulik (Ed. Joseph K).


 Entre 1991 et 2003, il est intervenu à maintes reprises dans des bibliothèques, collèges, lycées, Centre culturels français à l’étranger, festivals du livre et centres de vacances pour des conférences et des débats sur le roman et le cinéma. Il a également assuré des formations de bibliothécaires-stagiaires ainsi que des ateliers d’écriture en milieu scolaire…


2004 : Il publie un roman, La Véritable affaire de la rue Morgue (Ed. Eden) et participe à l’ouvrage collectif Trente-six nouvelles pour l’Humanité, dans le cadre du centenaire du quotidien fondé par Jean Jaurès (Ed. Hors-Commerce), sous la direction de Roger Martin.
Sa mère décède, le 12 février.


 2005 : Il publie un court roman, Fait d'hiver Cours Saleya (Ed. Autrement).
Participe à l’ouvrage collectif, HISTOIRE ET DICTIONNAIRE DE LA POLICE (Ed. Robert Laffont/ Bouquins) à travers une étude intitulée Roman des policiers et policiers de romans et au recueil de nouvelles sur les discriminations, à l’initiative du MRAP (Ed. Syllepse) sous la direction de Didier Daeninckx.


 2006 : Il rédige pour la deuxième édition du Dictionnaire des littératures policières, sous la direction de Claude Mesplède, quatre articles supplémentaires sur François Bon, Emmanuel Bove, Franco Vegliani, Remigio Zena (Ed. Joseph K).


 2007 : Il rédige pour l’ENCYCLOPEDIA UNIVERSALIS, des articles sur Patricia Highsmith, John Le Carré, Léo Malet.
Un article lui est consacré dans la deuxième édition du Dictionnaire des littératures policières, sous la direction de Claude Mesplède (Ed.Joseph K).


 2009 : Il séjourne à Prato, revoit Florence et la Toscane (notamment Sienne et Volterra), ainsi que Rome et Venise. Visite Naples, Pompéi puis Copenhague. Séjourne en Suède : plus particulièrement à Stockholm et Bergshamra. Achève la rédaction de son quatorzième roman qui lui aura coûté six ans de recherches et d’écriture. Visite successivement Berlin, Cracovie, Budapest et Vienne.


 2010 : Achève la rédaction d’un pamphlet politique et d’un court roman, tous deux refusés. Séjourne à Bruxelles et, de nouveau, à Stockholm.


 2011 : Quitte Cannes pour un village du haut-pays azuréen.


 2012 : Il publie une version amoindrie de son quatorzième roman, Un dernier coup de théâtre (Ed. du Cherche-Midi).
Il adhère à Amnesty International et une fiche biobibliographique (complément de celle figurant sur Wikipédia) lui est consacrée sur le site de La Maison des écrivains et de la littérature.


 Un dernier coup de théâtre est une somme romanesque qui peut être considérée à la fois comme une synthèse de tous les travaux antérieurs de l'auteur mais aussi comme leur aboutissement dans la mesure où sa configuration architectonique est ici poussée jusqu'à une totale symétrie et où ses appels aux référents romanesques adoptent une grande multiplicité, notamment dans les noms de lieux et de voies publiques. Mais elle transgresse également les travaux précédents de l'auteur par son étendue temporelle (récits décalés d'un XXème siècle plus ou moins occulté) et littéraire puisque l'on peut lire cette somme comme une sorte de roman-feuilleton (historique, sentimental, politique, culturel) organisée autour d'une centaine de personnages et de figurants issus de la multitude anonyme...


  2014 : Les éditions du Seuil rééditent son roman, Un petit regain d'enfer (paru en 1999), qui se situe au sortir de la Première Guerre mondiale tout en présentant de celle-ci une version décalée assortie d’événements peu connus ou non encore répertoriés par les historiens officiels.

Il réalise un entretien avec l'écrivain Georges-Olivier Châteaureynaud intitulé Interrogation écrite.


 


 

 

Cet itinéraire a été successivement composé par Pascale Galesne puis Camille Voysrond. Il a été relu et approuvé par l'auteur...